La Nouvelle-Calédonie, laboratoire à ciel ouvert

La Nouvelle-Calédonie constitue une « terre de recherche » de premier ordre tant par ses spécificités géologiques, végétales et animales que par son histoire et sa population. Parce qu’elle associe formation et Recherche, l’UNC y occupe une place essentielle pour son développement.

La biodiversité terrestre et marine

Située au coeur du Pacifique sud-ouest, la Nouvelle-Calédonie est un des hauts lieux de la biodiversité terrestre et marine. Sa flore, d’origine gondwanienne, marquée par un très fort endémisme, est unique au monde. Son lagon (le plus grand du monde avec la Grande Barrière australienne) est entouré d’une exceptionnelle barrière récifale, consacrée par son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 et reconnu comme ayant un caractère « exceptionnel, universel et inestimable ».

Ses gisements de minerai de nickel et la construction d’usines métallurgiques de niveau mondial sur des terres marquées par la culture océanienne braquent sur elle les projecteurs de l’actualité. Le pari néo-calédonien actuel et futur est celui d’un développement durable respectueux de l’écosystème et des sociétés insulaires. L’UNC apporte sa contribution scientifique à cet objectif.

Un potentiel scientifique hors du commun

Une biodiversité exceptionnelle sensible à la pression anthropique :

  • 1.200 espèces de poissons récifaux sur 3.000 recensées à travers le monde
  • 3.380 espèces végétales, dont 80 % sont endémiques
  • 30% des espèces d’oiseaux sont endémiques
  • 20% de la forêt primaire préservés

La Nouvelle-Calédonie c’est :

  • Un lagon comparable à la Grande Barrière australienne et doté d'un écosystème corallien de 23.400 km² de superficie, dont 8.000 km² de barrières récifales.
  • Une zone marine protégée de 52.000 hectares

Le territoire

Initialement, la Nouvelle-Calédonie faisait partie du supercontinent « Gondwana» intégrant l'Australie et l'Antarctique.
Il y a près de 80 millions d'années (ère du Crétacé), la Nouvelle-Calédonie s'est progressivement détachée de ce continent et a dérivé dans le Pacifique isolant la flore et la faune déjà présentes, contribuant au développement d’une flore et d’une faune endémique.

Située dans le Pacifique Sud, la Nouvelle-Calédonie, qui a une superficie de 18.575 km², fait partie de l’arc mélanésien. L’archipel comprend la Grande-Terre, deux fois grande comme la Corse (400 km de long sur 50 km de large), les quatre îles Loyauté (Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré), l’archipel des îles Belep, l’île des Pins et quelques îlots éloignés. La zone économique exclusive couvre 1,4 millions de km² (soit la moitié de la superficie de la mer Méditerranée).

Une chaîne montagneuse (Mont Panié – 1.600 mètres d’altitude) divise l'île, couverte de forêts denses. Des estuaires étroits mais profonds découpent la côte est, humide et luxuriante. A l'ouest, en revanche, les plaines côtières sont sèches et balayées par les vents.

Le climat

Bien que située en zone tropicale, la Nouvelle-Calédonie jouit d’un climat tempéré et ensoleillé qui se découpe en deux véritables saisons :

  • la saison chaude (mi-novembre/mi-avril) dite cyclonique, avec des températures moyennes variant entre 25 et 27°C en journée ;
  • la saison fraîche (mi-mai/mi-septembre) : plus sèche et avec des températures moyennes variant entre 20°C et 23°C en journée.

Dans un contexte de réchauffement climatique, les îles du Pacifique sont confrontées à la fois à une montée des eaux et à la nécessité de gérer la ressource en eau douce.

Le nickel

Du fait de son histoire géologique, la Nouvelle-Calédonie possède une des plus importantes réserves mondiales de nickel. Une exploitation de plus en plus importante de ces ressources s’accompagne immanquablement de pressions anthropiques fortes sur l'environnement (industrialisation, urbanisation, mines, feux, pression de pêche,...). Ces pressions imposent à la Nouvelle-Calédonie de mettre en œuvre des moyens conséquents pour concilier le développement et la protection et la valorisation de cet environnement exceptionnel. Les milieux terrestres et marins sont dans ce sens interdépendants, car l’érosion et la dégradation des sols et des latérites influencent également les équilibres dans le lagon.

En Nouvelle-Calédonie, l’obligation de concilier développement économique et préservation et de l’environnement est donc très forte. Elle se double d’une ambition affichée par tous les acteurs publics : permettre la cohabitation entre la diversité ethnique et culturelle (empreinte de traditions) et la marche du progrès socio-économique.

La problématique minière est traitée de manière transversale et complémentaire par l’ensemble des équipes de recherche de l’UNC.

La population

La Nouvelle-Calédonie compte environ 250.000 habitants issus de communautés diverses (mélanésiens, polynésiens, asiatiques et européens)
Les premiers hommes mélanésiens ont peuplé la Nouvelle-Calédonie il y a 1.500 à 2.000 ans. Ils y ont apporté leur civilisation Lapita, leurs langues, leur culture et leurs coutumes.

En 1774, l’explorateur britannique James Cook découvre une grande île alors que son vaisseau, la "Resolution", se dirige vers la Nouvelle-Zélande. Il la baptise « New Caledonia » en souvenir de sa terre natale l’Ecosse, et séjourne quelque temps à Balade, côtoyant des tribus kanak.

En 1853, sous le règne de Napoléon III, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de la France. A la même époque, la découverte de richesses minières permet d'entrevoir de formidables perspectives de développement. L'extraction de minerais de cuivre, de cobalt et de nickel contribue au décollage économique de la Nouvelle-Calédonie.

De 1864 à 1897, 22.000 condamnés sont envoyés en Nouvelle-Calédonie, terre d’accueil d’une importante colonie pénitentiaire.

En 1897, le gouverneur Feillet transforme l'île en colonie d'immigration volontaire de métropole. Plus tard, sous contrat, Indiens malabars, Tonkinois, Japonais, Chinois et Javanais arrivent pour l'exploitation minière et forestière. Encore plus tard, Polynésiens, Antillais.... contribuent à renforcer la diversité ethnique du peuplement actuel du territoire.
La seconde guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire de la Nouvelle-Calédonie, qui est projetée en avant-poste dans le conflit du Pacifique et s'ouvre sur le monde moderne. L'île découvre l'abondance et la société de consommation au contact des soldats américains.

De 1968 à 1972, le « boom » du nickel fait de la Nouvelle-Calédonie une île prospère.
Dans les années 80, la difficile période dite des « événements » débouche après une forte opposition entre loyalistes et indépendantistes, sur un projet commun connu sous le nom d'Accords de Matignon (1988). Depuis cette époque, la Nouvelle-Calédonie connaît une forte reprise économique.

En 1998, les Calédoniens approuvent, lors du référendum du 8 novembre, la signature de l’Accord de Nouméa qui instaure un véritable pacte de stabilité pour vingt ans ainsi qu’un statut unique dans la République dit « sui generis » qui lui confère une grande autonomie dans la construction du destin commun par l’ensemble des communautés présentes.

Les équipes de recherche du LARJE et du CNEP sont particulièrement impliquées dans cette dynamique sociétale qui doit concilier droit français et droit coutumier, enseignement du français et préservation des langues kanak, aménagement du territoire et traditions, développement économique et respect de l’environnement…